CFE en LMNP : la petite ligne qui grignote le revenu mensuel
Un jour de novembre, beaucoup de loueurs découvrent dans leur espace professionnel une somme qu'ils n'avaient mise dans aucun tableau : la cotisation foncière des entreprises. Comme un meublé est une activité commerciale, cet impôt local le concerne en principe. Voici comment il se calcule, qui y échappe, et comment l'intégrer à votre budget mensuel.
Pourquoi un particulier reçoit-il un impôt d'entreprise ?
Parce qu'aux yeux du fisc, louer meublé revient à exercer une activité commerciale, que l'on soit professionnel ou non. La CFE est due dans chaque commune où vous louez, sur la base de la valeur locative du logement et d'un taux décidé localement. Pour un studio, cette base est souvent si faible que c'est la cotisation minimum qui s'applique ; son montant dépend de la commune et de la tranche de recettes dans laquelle vous vous trouvez.
Ceux qui ne paient pas
Premier cas d'exonération, les petites recettes : sous 5 000 € encaissés dans l'année, la cotisation minimum n'est pas due. Deuxième cas, l'année de démarrage, pendant laquelle rien n'est réclamé. Une pièce de votre résidence principale louée à un prix raisonnable peut aussi en être dispensée. Reste le cas des meublés de tourisme classés et des chambres d'hôtes, que des conseils municipaux ont choisi de dispenser. Pour le texte précis de chaque cas, voir la fiche Service Public Entreprendre consacrée à la CFE.
Un exemple avec deux studios
Imaginons deux studios loués chacun 400 € par mois : 9 600 € de recettes par an. On est au-dessus des 5 000 € qui dispensent de la cotisation minimum. Et comme deux petits logements ont une valeur locative modeste, c'est précisément cette cotisation minimum, votée par la commune pour la tranche de recettes concernée, qui sera appliquée. Son montant varie fortement d'une ville à l'autre : seul l'avis de votre espace professionnel donne le chiffre, qu'il suffit ensuite de diviser par douze pour l'intégrer à votre budget mensuel.
Un logement à Tours, un autre à Angers
Chaque commune où vous louez vous adresse sa propre cotisation. Deux studios dans deux villes, ce sont donc deux avis, calculés chacun avec les règles et les taux locaux.
Ni courrier, ni chèque : tout se passe en ligne
En général, votre immatriculation suffit à faire naître l'imposition ; un formulaire 1447-C peut parfois être demandé pour la première année. N'attendez pas d'enveloppe : l'avis apparaît dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, et l'on paie en ligne, le plus souvent au plus tard le 15 décembre. Au régime réel, la CFE est une charge comme une autre, déductible du résultat, ce qui en adoucit le coût réel.
Questions fréquentes
Je ne suis pas professionnel : suis-je vraiment redevable ?
En principe oui. Deux portes de sortie fréquentes : des recettes inférieures à 5 000 € par an, qui dispensent de la cotisation minimum, et l'année de création, pendant laquelle rien n'est dû.
Pour un studio, combien faut-il budgéter ?
Tout dépend de la commune. Comme la valeur locative d'un studio est faible, vous paierez le plus souvent la cotisation minimum fixée localement.
Je n'ai reçu aucun courrier : est-ce normal ?
Oui, l'avis n'est disponible que dans l'espace professionnel du site impots.gouv.fr, où l'on règle aussi la somme.
La CFE réduit-elle l'impôt sur mes loyers ?
Seulement si vous êtes au réel, où son montant vient diminuer le résultat imposable comme n'importe quelle autre charge.
Dès la première année ?
Non. L'année où l'activité démarre, la CFE n'est pas réclamée ; elle apparaît à partir de l'année suivante.
Un seul avis pour tous mes logements ?
Tout dépend des communes : la cotisation est établie ville par ville, donc deux villes valent deux avis, et deux studios dans la même ville un seul.
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